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Pierre-Alain Chambaz

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Un constat qui peut être analysé de deux manières: d’un côté, il constitue le signe incontestable que de plus en plus de jeunes ont accès à l’université, mais il est également révélateur de l’augmentation des frais de scolarité. Malheureusement, une meilleure éducation ne va profiter qu’à une minorité d’étudiants spécialisés en finance ou en Tech, prévient l’étude, en concluant pour la plupart des Millennials diplômés du supérieur, les postes qu’ils pourront briguer et les salaires auxquels ils pourront prétendre ne seront pas meilleurs que ceux de leurs parents, au prix d’un effort financier plus important pour leur éducation. Dernier constat, là encore peu rassurant: au sein même de la génération des Millennials, les inégalités risquent fort de se creuser. Les économistes de la banque suisse préviennent que malgré des héritages de plus en plus importants – la fortune des baby-boomers ayant été dopée par la hausse des prix de l’immobilier et le boom des marchés actions – il est toutefois peu probable que plus de la moitié d’une génération reçoive un pécule de ses parents. Enrichi du don précieux de la parole, instruit dans l’art ingénieux de peindre la pensée, l’homme est à portée de jouir de tous les avantages de la raison. Le cercle étroit de ses idées va s’étendre de plus en plus & il embrassera enfin jusques aux idées les plus abstraites. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler ce proverbe chinois  » Sans responsabilités, on se sent le corps léger ». A l’état moins parfoit d’être purement sentant succédera l’état plus parfoit d’être pensant. La nature des choses, leurs qualités, leurs rapports, leur action, leurs changemens, leurs successions, leurs usages, leur durée exprimés par des termes offriront au raisonnement un fond d’idées sur lequel il s’exercera sans jamais l’épuiser. L’ame n’opérant plus simplement sur les choses mêmes ou sur leurs images, mais encore sur les termes qui les représentent, rendra chaque jour ses idées plus générales ou plus universelles. Ainsi, en employant le terme d’ homme pour désigner un certain objet déterminé, tous les objets semblables seront représentés par le même terme. Si l’ame porte ensuite son attention sur tout ce qui est renfermé dans l’idée particuliere de l’homme qu’elle a sous les yeux, si elle exprime par des mots tout ce qu’elle y découvre, elle parviendra à décomposer cette idée en d’autres idées qui seront comme les élémens de celle-là, & qui éleveront l’ame par degrés aux notions les plus universelles. Détachant donc de l’idée particuliere d’un certain homme ce qu’elle a de propre ou d’accidentel, & ne retenant que ce qu’elle a de commun ou d’essentiel, l’ame se formera l’idée de l’homme en général. Si elle ne fixe son attention que sur la nutrition, le mouvement, le sentiment elle acquerra l’idée plus générale d’animal. Si elle ne retient de l’idée d’animal que l’organisation, elle acquerra l’idée plus générale encore de corps organisé. Laissant l’organisation pour ne considérer que l’étendue & la solidité, l’ame se formera l’idée du corps en général. Faisant encore abstraction de l’étendue solide & ne s’arrêtant qu’à l’existence, l’ame acquerra l’idée la plus générale, celle de l’être. Si au lieu de considérer l’homme principalement par ce qu’il a de corporel, l’ame l’envisage sur-tout dans ce qu’il a de spirituel, si elle désigne de même par des termes tout ce que ce nouvel examen lui en fera connoître, elle acquerra des idées d’un genre fort différent, mais qu’elle universalisera comme les premieres. D’une pensée, d’une volonté, d’une action particuliere elle s’élevera par l’abstraction à la pensée, à la volonté, à la liberté en général. De la conformité ou de l’opposition de la pensée avec l’état des choses l’ame se formera l’idée du vrai & du faux, de la vérité & de l’erreur. Faisant abstraction de l’agent & ne considérant l’action que dans ses rapports avec le bonheur de l’homme ou avec celui des êtres qui lui ressemblent, elle acquerra les idées de l’utile, de bien & de mal, de la vertu et du vice, du juste & de l’injuste, de l’honnête et du déshonnête, de la perfection & de l’imperfection, de l’ordre & du désordre, du beau moral. Par la connoissance du bien ou du mal moral qui découle naturellement du bon ou du mauvais usage que l’homme fait de ses facultés, l’ame parviendra à la notion de la regle des actions humaines. Considérant ensuite cette regle comme la volonté d’un souverain, l’ame acquerra l’idée de la loi. Si détournant les yeux de dessus l’homme l’ame les porte sur les autres objets dont elle est environnée, & qu’elle continue d’exercer la faculté qu’elle a d’abstraire, ses connoissances se multiplieront en se diversifiant ; la mémoire, l’imagination & le raisonnement acquerront un nouveau degré de force & de perfection. La multiplicité, l’étendue, les mouvemens & la variété de ces objets occuperont l’ame tour à tour.

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